L'Association pour le Développement du Tévelave

La création de l'Association pour le Développement du Tévelave (ADT) en novembre 1982 par une quinzaine d'habitants du Tévelave correspondait à une volonté de dynamiser et de désenclaver leur village et de relancer l'activité économique dans les secteurs de l'agriculture, du tourisme et de l'artisanat.

En 1982, l'association, qui regroupait des bénévoles, était présidée par Joël Grondin ; depuis 1989, c'est Jean-Noël Lépinay qui assure la présidence.

L'aménagement du Tévelave a débuté dans les années 1960.
Henri Fort dans son discours d'inauguration du 4 décembre 1966 faisait alors un bilan du projet d'aménagement : "à propos du Tévelave, l'ouverture progressive par les Eaux et Forêts de la piste forestière qui, sur le plan touristique, fera de la commune des Avirons un relais de choix sur le circuit en haute altitude qui reliera Saint-Paul, Trois Bassins, Saint-Leu et les Avirons, avec, à proximité, le site du Grand Bénard..."

Un effort de relance économique a été tenté en 1983, avec notamment la création d'un Groupement d'Approvisionnement installé au Tévelave qui a permis de faire redémarrer l'élevage dans ce secteur mais il s'est vraiment concrétisé en 1989-1990 dans le cadre d'un plan d'aménagement des Hauts orienté vers le tourisme.

En 1990, une piste de bicross a été créée et en 1993, des kiosques ont été installés. En 1994, le goudronnage de la piste forestière du Tévelave est en voie d'achèvement.

L'association travaille en partenariat avec la FEDAR (Fédération des Associations Rurales), le Comité d'Aménagement des Hauts, la Chambre d'Agriculture, la mairie, le Conseil général et le Conseil régional.

Concrètement l'association a pu mettre en place plusieurs projets : Dans le secteur agricole, des formations à la Chambre d'Agriculture ont permis d'approfondir les connaissances dans l'élevage et le regroupement des éleveurs a facilité l'entrée de certains d'entre eux dans des coopératives : trois éleveurs ont pu accéder à la Coopérative de Production de Porcs de La Réunion et deux éleveurs à la Coopérative des Producteurs de Lapins de La Réunion, toutes deux regroupées à Saint-Pierre.

D'autre part, les agriculteurs ont pu obtenir des stages de transformation des fruits et légumes qui ont permis à certaines familles d'écouler localement leur production.

La culture traditionnelle du géranium dans la forêt du Tévelave s'est heurtée à de nombreuses difficultés qui l'ont presque fait disparaître. Le géranium a été durement touché par les crises de 1964 et 1970 et par la maladie de la rouille.

De plus, la création de la Coopérative des Huiles Essentielles de Bourbon installée au Tampon, qui a fixé au niveau européen les prix du géranium, a supprimé le libre-échange qui existait avec les Chinois et par là-même la possibilité pour les petits producteurs de gérer eux
mêmes leur production. Enfin, l'obligation de moderniser l'appareil de production (les alambics en cuivre ont été remplacés par ceux en inox d'un coût de 20 000 francs) a obligé les planteurs à emprunter auprès du Crédit Agricole.

En 1984, une relance a été tentée mais le manque de concertation avec les propriétaires a conduit à un échec. De 1964 à 1970, il y avait approximativement 60 planteurs de géranium ; en 1994, il n'en reste que deux au Tévelave qui le cultivent sur des mini-surfaces, les autres terres étant occupées par les cultures maraîchères, fruitières et l'élevage.

L'ADT a cherché aussi à développer le tourisme, en coopération avec le Comité du Tourisme Réunionnais en développant des structures d'accueil en restauration et en gîte et en mettant en place une animation basée sur la visite des sites, des expositions d'objets traditionnels et l'artisanat local.

Par son intermédiaire, des stages d'insertion ont été proposés à des rmistes dans l'artisanat (couture, tressage de vacoas, etc.,) par le Comité Local d'Insertion de Saint-Leu. La relance de l'artisanat aux Avirons est mitigée car elle s'est heurtée au manque de matériau et à l'absence de suivi.

L'ADT a encouragé l'extension des tables d'hôtes et des gîtes.
En 1994, cinq familles exercent dans cette profession qui répond à un réel besoin :Ces entreprises sont installées pour la plupart au Tévelave et ont débuté dans les années 1980.

La famille Vitry a débuté ses activités en 1982 avec un gîte. En 1994, ils proposent des tables d'hôtes. Ils sont membres de l'ADT.


Appartenant aussi à l'ADT, Mme Turpin tient depuis 1985 une ferme-auberge d'une capacité de 60 personnes et propose aussi des chambres d'hôtes.

M et Mme Amable Rivière propose des tables d'hôtes.
Mme Tipary tient des tables et chambre d'hôtes.

L'auberge des Fougères dirigée par M. Joël Grondin a une capacité d'accueil importante en gîte et restauration (15 chambres, 120 couverts).

Enfin, Mme Rosaire Cadet, installée dans le centre du village des Avirons, s'occupe d'un gîte rural ouvert depuis 1985 et qui peut accueillir jusqu'à six personnes.

Dans le cadre de l'animation touristique, l'association se propose d'aménager les sites du Tévelave. A l'occasion du centenaire, l'ADT a proposé une animation sur les traditions créoles et la visite de ces sites :

- Le site de l'Ilette du Noir Mort sur la route Hubert-Delisle où se réfugiaient les esclaves marrons.

- Le Piton Soutien-Gorge formé de deux monts qui offre une vue panoramique sur le Tévelave.

- Le site pittoresque de la ferme de l'ancien conseiller municipal, M. Deveaux, située dans la forêt dont l'accès n'est possible que par un sentier.

En collaboration avec l'ONF, l'association oriente aussi ses efforts sur l'aménagement de la forêt de tamarins et de cryptomérias, le balisage et l'entretien des sentiers forestiers et des pistes, propres aux excursions dans les hauts de l'île, (Maïdo, Makes, Petit et Grand Bénard etc.) ainsi que sur la préservation des sources du Tévelave qui alimentent les Avirons mais aussi l'Etang-Salé et Saint-Leu.

En 1994, l'ADT regroupe 12 adhérents. Le bilan de son action est à nuancer : une certaine dynamique agricole s'est recréée avec l'installation de quelques jeunes agriculteurs et éleveurs. Ces dernierspeuvent bénéficier d'un service Point Vert qui dépend de la Chambre d'Agriculture ; un technicien vient une fois par semaine pour rencontrer les agriculteurs. Le tourisme prend un certain développement. Néanmoins, un gros effort reste à faire pour relancer l'activité économique au Tévelave.

08/03/2010 11:23