Jean-Baptiste Bougard est né en 1881 en Côte d'Or.

Curé des Avirons de 1908 à 1919, son passage dans la commune sera marqué par une série de conflits l'opposant au maire, Augustin Dupont et à son adjoint, Joachim Cadet.


Sur ses rapports avec ces derniers, le père Bougard dira en 1911 : "Je ne suis pas brouillé avec ces Messieurs, mais je ne puis les fréquenter. Dupont mène une vie scandaleuse, c'est un concubinaire public - dernièrement je lui ai dit qu'aux prochaines élections, je ne pourrai marcher avec lui, cela lui a déplu - Monsieur Cadet, moralement ne vaut pas plus que Dupont, mais il cache son jeu ; c'est un mauvais esprit ; jamais il met le pied à l'église."

Il est poursuivi à plusieurs reprises pour injures envers ses paroissiens.

En février 1910, il est condamné à cinq francs d'amende par le Juge de paix de Saint-Louis et en 1917, Joachim Cadet le traduit devant les tribunaux de Saint-Pierre. Il fait appel de sa condamnation et est acquitté par les juges.

Ses prises de position brutales et catégoriques contre les membres de l'Action Républicaine, les exclusions "arbitraires" de leurs enfants du catéchisme, le refus de baptiser ou de recevoir les paroissiens n'ayant pas acquitté le denier du culte, etc., lui attirent aussi des blâmes sévères de son évêque.

En 1913, Augustin Dupont demande le déplacement du curé perturbateur : "...ce curé turbulent, haineux et vindicatif, ne trouve rien de mieux que d'expulser en quelque sorte de l'église deux honorables familles de la localité (...). Il ne cesse de molester les gens de mon parti, qu'il repousse continuellement, soit de l'Église, soit de la Cure (...). En un mot, il crée journellement des troubles dans ma commune..." .

En 1914, le conseil municipal veut louer le presbytère, occupé jusqu'à lors gratuitement par le curé, 600 francs par an. Les terrains ayant été concédés gratuitement, en 1845 par M. Gastellier pour la construction de l'église et des bâtiments attenants et en 1897 par les
époux Clovis Mondon pour son agrandissement, les dissensions qui s'engagent entre les héritiers, le maire et le curé divisent la commune.

Dès le mois d'août 1917, le père Bougard, fatigué de ce climat conflictuel, demande son départ des Avirons qu'il n'obtiendra qu'en 1919.